Le tribunal de commerce de Vannes place la société Tahe Outdoors France en redressement judiciaire. En effet, cette décision intervient depuis le 26 février 2026. L’entreprise gérait l’héritage de la célèbre marque Bic Sport. Pourtant, ce fleuron industriel emploie aujourd’hui 88 salariés. Parmi eux, 66 travaillent directement sur le site de Vannes. Désormais, la structure engage une recherche active d’investisseurs. Cette étape cruciale doit assurer la survie de la fabrication française.
Un marché de la glisse en pleine crise
Le secteur subit un retournement brutal depuis deux ans. D’abord, l’euphorie post-Covid a dopé les ventes de manière exceptionnelle. Cependant, la demande chute fortement à partir de 2023. Les magasins accumulent alors des stocks trop importants. Par conséquent, les distributeurs gèlent leurs commandes auprès des usines. Cette situation contracte l’activité de production de façon durable. De plus, la saisonnalité du marché fragilise énormément la trésorerie des fabricants.

L’arrêt du soutien financier
L’actionnaire luxembourgeois KJK Sports soutenait l’activité jusqu’ici. D’ailleurs, il injectait des liquidités chaque hiver pour couvrir les besoins. Mais cet appui financier s’arrête brusquement au début du mois de février. Cette décision provoque alors une cessation de paiements immédiate. Donc, la justice ouvre une période d’observation pour organiser la reprise. La dépendance aux banques et l’absence de relais durables expliquent cette fragilité actuelle.

Un outil de production performant
Pourtant, le site de Vannes reste un atout industriel majeur. L’usine occupe une surface totale de 30 000 m². Elle dispose notamment de deux lignes d’extrusion de plaques. Aussi, ses équipements de thermoformage permettent de produire 55 000 unités par an. Ce savoir-faire couvre les kayaks, les surfs, les paddle, les planches à voile et le monde du Foil. Ainsi, plus de deux millions de produits sont sortis des ateliers depuis 1979. Cette capacité industrielle reste donc une rareté stratégique en France.
Quelles perspectives pour la reprise ?
La procédure vise avant tout à protéger les emplois locaux. En outre, la valeur réside dans les marques fortes comme Tahe et SIC Maui qui fabrique des foils. Ces enseignes possèdent un réseau commercial international solide. Également, les compétences en plasturgie ouvrent des portes vers d’autres secteurs. Par exemple, l’automobile ou l’énergie pourraient utiliser ces technologies. Enfin, l’issue dépendra de la capacité du repreneur à redimensionner le modèle économique. Pour le territoire morbihannais, la continuité de cet héritage Bic Sport représente un enjeu vital.





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