L’industrie du foil tente de chiffrer son impact environnemental. Cependant, les rapports publiés par les grandes marques révèlent de profondes disparités. Pour l’instant, seul Starboard fournit des données détaillées depuis plusieurs années. Pourtant, leurs calculs comportent des incohérences notables. Cette absence de cadre commun empêche une réelle compréhension de la pollution générée par notre sport.
Le grand écart des chiffres pour la production des wings
Les estimations varient énormément d’un fabricant à l’autre pour une aile de 5 m². Starboard annonçait 13 kg eqCO2 en 2022. Ce chiffre semble irréaliste car il est inférieur à la production d’un simple t-shirt en polyester. De son côté, Duotone estime ses émissions à 53,3 kg eqCO2. Enfin, F-One propose un audit plus crédible avec 73 kg eqCO2 par aile. Pour donner un ordre de grandeur, un trajet de 150 km en voiture génère environ 30 kg eqCO2. Ces écarts prouvent que les marques omettent souvent des étapes cruciales comme la fin de vie du produit.
Boards et foils face à la réalité climatique
Le bilan carbone des planches soulève également des interrogations légitimes. Un surf classique en fibre de verre se situe généralement entre 50 et 100 kg eqCO2. Pourtant, une planche de foil est plus lourde et utilise des matériaux complexes comme le carbone. Starboard affiche 131 kg eqCO2 pour une board de 80 litres. À l’inverse, Duotone et F-One avancent des valeurs bien inférieures, oscillant entre 53 et 75 kg. Ces scores paraissent trop bas pour être pris au sérieux compte tenu de la logistique asiatique.
L’impact majeur des composites en carbone
Le foil lui-même représente le poste d’émissions le plus lourd du matériel. F-One propose une estimation de 67 kg eqCO2, probablement pour un modèle en aluminium. Néanmoins, les foils en carbone haut module sont bien plus polluants. La fabrication de ces fibres nécessite des températures extrêmement élevées. Par exemple, l’IQ-Foil utilisé aux JO est estimé à 261 kg eqCO2 par Starboard. Ce chiffre n’inclut même pas le traitement des déchets en fin de cycle. L’industrie doit donc encore progresser pour offrir une transparence réelle aux pratiquants.





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