Vingt miles en foil downwind entre UCSB et Carpinteria, en Californie. Un run ambitieux, des conditions ouvertes, deux riders sur l’eau. Ce qui devait être une session de glisse pure s’est transformé en quelque chose de bien plus intense. Au milieu du run, Ron Takeda et son équipier ont survolé un requin. Et le requin a décidé de ne pas les laisser partir.
Le moment où tout bascule
En plein effort, à plusieurs miles du rivage, les deux riders passent au-dessus d’un requin. Le survol suffit à déclencher sa curiosité. L’animal, estimé à 3 à 3,5 mètres, remonte vers la surface et se met à suivre Ron Takeda de près. Très près. Ce qui frappe dans les images, c’est la fluidité du mouvement. Le requin ne charge pas. Il suit, avec une précision presque méthodique, comme s’il évaluait la situation.
Un mile de filature
Pendant plus d’un mile, Ron et le requin jouent à un jeu dont un seul des deux connaît les règles. Ron vire à gauche, le requin vire à gauche. Ron accélère, le requin accélère. Chaque ajustement de trajectoire est immédiatement copié. L’animal répond à chaque mouvement avec une réactivité déconcertante. Pour Ron, ces minutes ont dû sembler interminables. Pour le requin, il s’agissait probablement d’une simple curiosité, l’instinct d’un prédateur qui explore un objet inhabituel dans son territoire.
Garder la tête froide sous pression
Ce qui impressionne dans ce récit, c’est la gestion mentale de Ron Takeda. Rester sur le foil, maintenir sa trajectoire, ne pas tomber à l’eau, le tout avec un requin de 3 mètres collé à ses planches. La moindre chute aurait changé radicalement la nature de la rencontre. Ron a tenu. Il a gardé son rythme, contrôlé ses appuis et attendu que l’animal se lasse. Ce que le requin a finalement fait, en partant chercher autre chose à explorer.
Ce que ça dit du foil en open water
Cette séquence rappelle une réalité que les pratiquants du downwind connaissent bien. Rider en open water, c’est évoluer dans un milieu vivant, imprévisible, qui ne se plie pas aux règles du spot balisé. Les 20 miles de ce run longent une côte californienne où les rencontres avec la faune marine ne sont pas rares. Les requins sont présents, discrets la plupart du temps, mais bien là. Survoler l’un d’eux suffit à changer la dynamique d’une session. Ce n’est pas une raison d’arrêter de rider. C’est une raison de rester lucide sur l’environnement dans lequel on évolue.
La suite du run, dix miles sans tomber
Après le départ du requin, les deux riders ont continué leur run. Les dix miles suivants se sont déroulés sans incident. Ron était sur un F4 1050, son équipier sur un Lift 150. Une note humoristique conclut d’ailleurs la session. Le requin a semblé bien plus attiré par le F4 que par le Lift 150. Preuve, si l’on en croit les riders, que l’F4 est décidément plus savoureux.




Ajouter un commentaire