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Jean-Marie Guiriec nous présente la nouvelle Compact 91 Foil and Co

Les compact 72 et 83 AHD de chez Foil and Co laissent place à la nouvelle compact 91 et c'est leur nouveau shaper qui nous en parle.
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Jean-Marie Guiriec, shaper iconique

Jean-Marie Guiriec, shaper de la compact 91, a 55 ans. Il est shaper de windsurf depuis une trentaine d’années. Il a démarrer à 20-25 ans en faisant des planches à voile pour des marques un peu connues. Jean-Marie Guiriec a commencé les matériaux composites sur des bateaux de course, notamment la coupe d’America, des choses comme ça. Cela l’a pas mal fait voyager quand il avait une vingtaine d’années.

Ensuite, il a démarré dans la planche à voile en 1990 environ. Après, Jean-Marie Guiriec a fait des customs pour des coureurs et pour des particuliers et a continué toute sa carrière. Ses ateliers étaient basés plutôt sur Brest et après l’Aber Wrac’h, là où il habite actuellement. L’année dernière il a un peu travailler chez Foil and Co. C’est le 1er février 2022 qu’il intègre officiellement l’équipe. Il s’y occupe du développement de flotteurs, nottament AHD, dont on va parler aujourd’hui.

Mais aussi pour shaper des planches de foil et toutes les nouveautés. C’est à dire, les prototypes qu’ils testent en amont sur l’eau. Ils sont nécessaires pour chaque produit qu’ils vont finaliser pour mettre en production. Une fois qu’on a validé la planche, elle part en production. C’est de tout ce boulot à faire avant dont est responsable Jean-Marie Guiriec chez Foil and Co. Depuis sont arrivée ils ont évolué la gamme Compact de chez AHD, il y a la compact 72 et la Compact 83 qui étaient déjà dans la gamme depuis 2ans. Ils ont voulu apporter une nouvelle planche à cette gamme là avec un peu plus de volume, tout en gardant comme les Compact 83 quelque chose qui soit très facile à faire marcher.

Jean-Marie Guiriec nous présente la nouvelle Compact 91 Foil and Co
Jean-Marie Guiriec

Présentation de la compact 91

Quelque chose adapté pour les gabarits moyens, niveaux moyens, c’est-à-dire une planche qui va être dans le free ride et free race. Ce n’est pas une planche qui est très épaisse, en terme de volume c’est 192 litres. La compact 91 fait 2,17m – 91cm de large. L’ofo, c’est à dire la cote à 30 arrière ; ça va parler un peu aux spécialistes. Elle fait 90 cm de large à 30 arrière, donc c’est une planche qui a un bon couple de rappel par rapport au foil parce que le pied arrière est très décalé ; 90 de large c’est au maxi de ce qu’on peut faire. Cette nouvelle planche vient compléter la gamme Compact de chez AHD.

Elle a été travaillée en collaboration avec Julien Bernard. Il est performeur pour Foil and Co et navigue sur les planches Foil AFS et les planches AHD. Mais aussi avec Bruno André, spécialiste du freeride, de la course et donc la facilité. Ils ont fait un mix des deux. Cette collaboration a pour but d’essayer de faire une planche qui plaise au plus grand nombre.

Foil and Co a commencé la compact 91 il y a plus d’un an. Ils ont fait une ou deux custom de développement jusqu’à ce qu’ils arrivent à faire la planche aboutie avec quelques modifs sur les shapes. Une fois les modifications apportées ça repart à l’eau, ça revient à l’atelier et on modifie puis ça retourne à l’eau. Et ce jusqu’à ce qu’ils arrivent à avoir une planche le plus adapté à ce qu’ils recherchaient sur le cahier des charges qu’ils s’étaient fixé au départ. 

Structure sandwich et rigidité

Ce sont des planches légères et rigides en même temps. Pour se faire, on met un pain de mousse de 14 kg m³ entre des couches de mousses plus rigide. On appelle ça une structure sandwich. La couche plus rigide fait entre 80 et 90 kg m³. Cette matière est beaucoup plus lourde, c’est-à-dire que si on faisait une planche en bloc comme ça, elle pèserait 50 kg. Cette couche extérieure donne une raideur à la planche. Celle-ci s’utilise aussi pour les bateaux de course. Ensuite, autour de cette mousse rigide, on vient mettre un tissu carbone qui permet d’avoir des planches qui sont relativement volumineuses. Sur cette nouvelle planche on a 192 litres de volume ; on va avoir un poids moyen à peu près à 9 kg, 9,5 kg, ce qui est plutôt bien.

Jean-Marie Guiriec nous présente la nouvelle Compact 91 de chez Foil and Co
Structure Sandwich

Ça donne une structure qui est assez rigide, ça sonne, c’est vraiment en longitudinal. C’est très raide aussi, c’est pas une nouille, comme on dit dans le jargon et notamment pour les planches de Foil c’est très important parce que ça transmet l’énergie. Elle est transmise du couple de rappel de la planche aux mâts du Foil qui font pratiquement 1 mètre de haut maintenant. Le couple de rappel est énorme donc ça transmet toute l’énergie du bonhomme, de la voile, du gréement dans le Foil et dans l’eau. Donc dès qu’on appuie, dès qu’on fait un peu de stabilité, tout de suite ça transmet l’énergie, donc ce sont des planches très haut de gamme à ce niveau-là.

Cela rend la compact 91 vraiment performante au niveau du contrôle. Le contrôle, la rigidité, la légèreté ; c’est comme une formule 1 en voiture, c’est ce qu’on recherche. Le carbone est là pour ça, et toutes ces structures sandwich, c’est assez compliqué à mettre en œuvre, mais c’est vraiment bien adapté à tout ce font Foil and Co. Ça permet d’avoir quelque chose de très rigide et très réactif.

Détails de la compact 91

Le double concave

 Cette planche-là, Jean-Marie Guirier l’a travaillée en V sur la partie avant, V double concave. Cela a plusieurs intérêts, c’est-à-dire que le V à ce niveau-là permet d’avoir une hauteur de rail. Par exemple, une planche qui vole un petit peu en contregite mettra plus de temps à lécher l’eau, à toucher l’eau. Et une fois qu’elle va toucher l’eau, cet effet de double concave va amortir encore cet effet quand la planche vient retomber dans l’eau.

Les Cut out

Jean-Marie Guirier a aussi travaillé le cut out de cette nouvelle planche. Ils sont très prononcés, c’est à dire qu’on a quasiment creusé la moitié de l’épaisseur de la planche ici sur la partie arrière et on a encore une autre marche.Les cut out ont plusieurs effets. D’abord, ils permettent à la planche de moins coller à l’eau quand elle va prendre de la puissance sur son foil. Ensuite cela va permettre de trimer.

Jean-Marie Guiriec nous présente la nouvelle Compact 91 de chez Foil and Co
Cut Out

Comme en bateau, pour trimer on relève le moteur afin de monter le nez du bateau. Ici, en appuyant sur la jambe arrière et levant la jambe avant, la planche va kicker, elle va monter sur le foil. Cela est permis par le fait que le cut out limite la pression d’eau, quelques coups de pumping suffisent. Puis, autre intérêt quand la planche retombe il sera plus facile de la faire remonter tout de suite. Grâce aux cut out elle sera moins collée à l’eau. Sur ce modèle on dessine le cut out de l’arrière de la planche jusqu’au talon du pied avant, il est très prononcé.

Le pont de la planche

Pour ce qui est du pont de la compact 91, Jean-Marie Guirier a travaillé sur la partie aéro. La planche est épaisse sans l’être trop. L’épaisseur maximum se trouve sous le pied de mât ; elle est très épaisse ici mais relativement fine sur l’avant. Il faut savoir que ces planches-là, dès qu’elles montent sur le Foil, c’est tout de suite à une vitesse entre 15, 20, 25 nœuds, voire plus ; certains montent à 30, 35 maintenant.

Forme Aérodynamique

À cette vitesse toute la surface avant est dans l’air, sa finesse par rapport au reste de la planche a un effet aérodynamique. La forme de la planche vient naturellement se caler avec l’air, elle est le plus neutre possible sur la partie avant. Elle n’a pas tendance à monter ou à s’écraser, ou à monter vers le haut avec l’effet venturi de vent constant à 30, 40 km/h. On conserve un gros volume. Le pied de mât est décaissé, il est baissé d’à peu près 2,5 cms – 3 cms par rapport au haut de la planche. L’effet de descendre le pied de mât a plusieurs intérêts aussi, ça permet de replaquer un peu la planche. C’est à dire que le gréement se met un peu plus droit naturellement. Cela permet d’avoir plus de contrôle comme le mât est plus bas.

La pose des talons

Au niveau des talons, il sont placés de façon a ce qu’il ne soient pas dans un arrondi. Ils sont vraiment posé sur la planche. Ainsi, dès qu’on va appuyer sur le talon, on aura un effet sur celle-ci. Cela est aussi dû à la rigidité de la compact 91 permise par la structure sandwich. Quand on appuie, il y a tout de suite quelque chose qui se passe. Si on appuie sur quelque chose d’un peu mou avec le Foil ou la planche qui se tord, évidemment on aura moins d’effet.

Cette réactivité de la planche permet au foileur d’équilibrer avec pied avant et arrière. La talon est encore plus plat que l’avant. Un dôme est présent à l’arrière de la planche. Il sert de repère pour les foileurs qui naviguent sans foot-strap. Jean-Marie Guiriec a aussi rajouté un ancrage en arrondi à l’arrière, au niveau du foil. Cela permet de solidifier la structure vis à vis de l’energie transmise au foil. C’est un effet d’omèga. C’est-à-dire qu’on fait du rond plutôt que du plat, c’est plus solide. Ça répartit les efforts. Il y a aussi l’ajout d’une nouvelle déco, d’un nouveau design par rapport au Compact 83 qui existe, la déco change un petit peu l’incrustation carbone. Le lettrage sera différent sur cette dernière. Il y aura aussi un petit effet d’anti-dérapant, un peu brillant et mat.

Jean-Marie Guiriec nous présente la nouvelle Compact 91 Foil and Co
Ancrage Arrondi

Évolution du métier de Shaper

Jean-Marie Guiriec explique que pour le métier de Shaper, il n’y a pas d’école. On peut faire des écoles de design, et toutes les écoles en fait. Le métier de shaper est très manuel, un peu créatif. Il faut créer des objets. Des objets de A à Z. Le métier a évolué ces dernières années avec l’apport des machines. À l’époque, quand Jean-Marie Guiriec a commencé, on shapait à la main. On partait d’un gros bloc de mousse énorme et on taillait au fil chaud, on taillait au rabot les pains de mousse.  

Maintenant on est sur écran à dessiner des planches, donc ça aide beaucoup parce que déjà on voit la planche visuellement en 3D, on peut la faire tourner, on peut l’imaginer beaucoup plus facilement que ce qu’on faisait avant. D’après Jean-Marie Guiriec le métier, par rapport à ça, est plus facile que quand il a commencé, par rapport à l’aspect créatif. C’est-à-dire qu’avant il fallait sculpter une planche dans un pain de mousse, dans un truc carré il fallait arriver à une planche parfaite. Qu’elle soit symétrique, le moins de défauts possibles, c’était pas évident. 

Beaucoup de shapers de surfs travaillent toujours comme ça à la main, c’est bien, mais les machines permettent d’avoir quand-même un outil de travail, ça donne tout de suite le volume, la largeur etc. Après l’aspiration peut venir de partout. Par exemple, des bateaux. Jean-Marie Guiriec croise ses idées avec Tanguy Le Bihan architecte naval au sein de Foil and Co. Il sera plus dans la calcul, le concret tandis que le shaper et Julien Bernard seront plus dans le feeling.

Jean-Marie Guiriec s’intéresse également aux courses de bateaux. Le côté fabrication carbone haute technologie lui plaît beaucoup. Mais aussi les courses de F1, de motos qui l’inspirent pour les décos, le côté design. Tous les sports qui utilisent des matériaux comme les fibres ou le carbone l’attirent.

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